Ce 13 octobre 2025, au Mucem à Marseille, j’ai eu le plaisir d’assister à une soirée consacrée à Robert Badinter et à son combat pour l’abolition de la peine de mort, notamment alors qu’il était Avocat puis Ministre de la Justice, avant de présider le Conseil constitutionnel.
Cette actualité est l’occasion de remettre en lumière L’Exécution (1973), récit intense où Badinter revient sur l’affaire Claude Buffet et Roger Bontems.
L’affaire Bontems
En 1971, dans la prison de Clairvaux, Buffet et Bontems prennent des otages pour tenter de s’évader. L’opération tourne au drame : un gardien et une infirmière sont tués. Buffet avoue les meurtres, mais Bontems, bien que présent et complice, n’a pas tiré le coup fatal.
Qualifié de complice de meurtre, il est condamné à mort.
Robert Badinter demande la grâce présidentielle, refusée.
L’exécution de Bontems marque profondément Robert Badinter.
En tant qu’avocat, il a assisté à l’exécution de la peine prononcée à l’encontre de son Client. Il en ressortira profondément et durablement marqué – à vie.
Il qualifiera la peine capitale de meurtre légal, empli de violence intrinsèque, pour un résultat dissuasif non établi. Le rôle de l’avocat et la portée morale.
C’est l’objet de l’Exécution.
Pourquoi on aime ?
L’Exécution n’est pas seulement un témoignage judiciaire précis : c’est une réflexion éthique sur le pouvoir de l’État et sur la responsabilité de l’avocat. Robert Badinter montre que défendre un client dans un tel contexte dépasse la technique : ce sont ses convictions les plus profondes, tenant à résister à l’injustice, à protéger la dignité humaine et à transformer le droit en levier de conscience.
Alors que Robert Badinter a été accueilli au Panthéon, cette lecture résonne particulièrement.
Elle rappelle que son rôle d’avocat – profession qu’il dira avoir intégré par un « hasard heureux » – n’était jamais neutre : il a fait de la défense de ses clients un acte moral et citoyen, contribuant à transformer la justice française et à abolir la peine de mort.