Farouchement, Gisèle Halimi s’est libérée auprès de son amie, Annick Cojean, en lui confiant les évènements marquants de sa vie personnelle et professionnelle.
Issue d’une famille juive sépharade, Gisèle Halimi a souffert de sa position de « fille » dans une fratrie de quatre enfants, deux filles – deux garçons. Déjà à 10 ans, cette enfant se révoltait contre les inégalités entre elle et ses frères. Il aura fallu « une grève de la faim » pour qu’elle obtienne l’égalité au sein de cette famille patriarcale.
A 93 ans, cette femme redoutable était encore stupéfaite que ces inégalités de sexe demeurent au XXI° siècle. Pourtant, dans cet intervalle, elle n’a eu de cesse de combattre pour changer le monde et ses mentalités, en plaidant le droit à l’indépendance des peuples et, surtout, celui des femmes.
Pour elle, « le droit était son instrument, l’insoumission sa marque de fabrique et les mots, maniés avec éloquence, ses principaux alliés. Elle défendait, elle accusait et elle cognait« .
Pourquoi on aime ?
Incroyable témoignage d’une avocate déterminée et indépendante qui a combattue, toute sa vie durant, pour l’égalité hommes-femmes.
Œuvrant pour les femmes les plus vulnérables, cette brillante avocate a remporté autant de procès (ex : Djamila Boupacha, Procès d’Aix-en-Provence, Procès de Bobigny) qu’elle n’a mené de causes en luttant et dénonçant les tabous liés au viol et à l’avortement.
C’est, d’ailleurs, aux côtés de ses amies intimes, ses alliées, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Catherine Deneuve, Françoise Sagan, qu’elle signera le fameux « Manifeste des 343 » pour la dépénalisation et la légalisation de l’avortement.
Longues auront été ces soixante-dix années pendant lesquelles cette « farouche liberté » l’aura mené à porter sa voix de féministe engagée, depuis les prétoires jusque sur la scène politique, sans jamais baisser la garde… au service de celle des autres femmes.